24/04/2017

CPEG: le Conseil d'Etat a plié et fait suspendre les décisions irréparables

Lundi 24 avril, une séance extraordinaire du Grand Conseil a été consacrée au sauvetage de la caisse de pension CPEG. Voilà ci-dessous la déclaration du groupe MCG sur le PL 12095 « Saigner la CPEG ou la soigner ? La réponse s’impose ! ».

Le MCG ne peut accepter qu’il y ait demain une génération sacrifiée. Pensons aux salariés de la CPEG, qui ont vu leurs cotisations exploser pour financer les engagements que les gouvernements depuis des décennies n’ont pas tenu. La réponse de l’Etat de Genève était la suivante : ne vous faites pas de souci, l’Etat est pérenne et assurera tous les découverts.

Ce mensonge a été proféré pendant des décennies. Une première réforme a permis de remettre à flot la CPEG mais pas suffisamment parce que l’Etat s’est montré pingre et irresponsable en sous-capitalisant. Pour leur part, les salariés ont vu leurs cotisations augmenter fortement et leurs prestations baisser de 12%.

Maintenant, les cotisants à la CPEG risquent de perdre à nouveau 20% de prestations, ce qui fait au total un tiers de baisse. Le pire, c’est que cette décision devrait être prise le 4 mai prochain lors d’un comité de la CPEG. Aujourd’hui, le comité se retrouve avec le couteau sous la gorge, parce que le Conseil d’Etat n’a pas tenu ses engagements.

C’est pour éviter cette catastrophe imminente que le MCG et d’autres partis de ce Parlement ont déposé ce projet de loi.

La loi qui est examinée ce soir est claire et précise. Elle permet un sauvetage durable de la CPEG à moindre coût. Avec la dissolution, proposée par notre projet de loi et estimée à 300 millions de francs, on se retrouve face à des engagements budgétaires de moins de 500 millions de francs. On est loin des 4 milliards du chef des magiciens d’OZ !

Le procédé choisi par le chef des magiciens d’Oz, accessoirement président du Conseil d’Etat, n’est en soi pas tolérable dans la forme. En effet, on ne peut pas contraindre le comité de la CPEG à couper à hauteur de 20% les prestations, dans la précipitation. C’est un vrai « massacre ». Sur le fond, on comprend bien que la proposition du président du Conseil d’Etat est improvisée et nécessite des études supplémentaires, avec une mise en place difficile si ce n’est irréaliste.

Au contraire, avec le projet de loi étudié ce soir, nous présentons une alternative crédible et modérée qui permet rapidement une recapitalisation et vient compléter le dispositif voté en 2012, qui était insuffisamment doté par l’Etat.

Cela ne peut être la gestion de la CPEG qui doit être mise en cause, puisqu’elle est reconnue comme la meilleure par des spécialistes, avec un rendement des avoirs de plus de 5%. Mais cela ne suffit pas à combler la sous-capitalisation aggravée par divers phénomènes monétaires et financiers. On mettra en cause notamment la politique des taux négatifs de la Banque nationale suisse. De ce fait, la CPEG souffre comme de nombreuses institutions du deuxième pilier.

Le MCG se bat pour la défense de l’ensemble des citoyens de notre canton, retraités compris. Nous ne voulons donc pas qu’il y ait une génération sacrifiée, qui devra être saignée à blanc, froidement et sans réelle négociation. Rappelons que la retraite moyenne de la CPEG s’élève à environ 3000 francs par mois. Il est du devoir de notre Parlement de protéger ceux qui ont servi l’Etat

Le groupe MCG soutient ce projet de loi comme une solution permettant une négociation sereine et comme une loi équitable.

Soyons fidèles à l’engagement que nous prêtons au début de chacune de nos séances, protégeons la République et canton de Genève qui nous confie ses destinées. Vive la République et Vive Genève.

Suite au débat, le président du Conseil d'Etat a pris l'engagement qu'aucune décision irrémédiable ne soit prise prochainement et que tout sera négocié avec les représentants du personnel et le Grand Conseil. Suite à ces assurances et pour permettre la négociation, nous avons voté l'entrée en matière et accepté un retour en commission du projet de loi.

Le MCG restera attentif à toute menace sur les retraites.

21/04/2017

Députés avocats, architectes, entrepreneurs: la dangereuse hypocrisie

Quels fieffés hypocrites! Avant la séance extraordinaire du Grand Conseil du lundi 24 avril, qui fait des propositions très modérées pour régler les problèmes de la caisse de pension CPEG, à la demande de plusieurs partis dont le MCG, ils veulent empêcher les députés membres de la caisse CPEG de prendre part à la votation. Ce qui serait aussi stupide que d'interdire aux assurés à l'AVS de se prononcer sur l'AVS, puisque la CPEG compte plus de 60'000 personnes affiliées à Genève.

On voit en première ligne, dans ce mauvais combat, un avocat, le PDC Vincent Maitre, qui a toujours défendu les intérêts de sa profession au Grand Conseil. On se souvient notamment de la rétribution généreuse de l'avocat de la première heure, qui ruine les caisses publiques. Il n'est pas vraiment gêné. (Vincent Maitre me fait savoir par courriel qu'il n'a jamais été avocat de la première heure. J'en prends acte mais ce n'est pas la question puisqu'il s'agit là des intérêt généraux d'une profession. Il s'agit d'une réponse politique proportionnée, à mon sens, face à l'action qu'il veut entamer contre les députés membres de la CPEG)

Dans la foulée, l'avocat-député PLR Cyril Aellen demande que l'on liste les entreprises publiques ou privées affiliées à la CPEG, ce qui en soi ne pose pas problème. Néanmoins, il insiste pour que l'on identifie les députés affiliés à la CPEG. Va-t-on lister également les clients des députés-avocats? Chacun aura compris que c'est un prétexte dans cette soudaine éruption anti-salariés.

Une députée indépendante, dont les clients de sa fiduciaire seraient principalement des associations (en général subventionnées), ne s'est jamais inquiétée des conflits d'intérêts qui la frappent en permanence. Mais par esprit de vengeance envers ses anciens amis de gauche, elle attaque avec acharnement la CPEG, en oubliant ses propres contradictions.

Le PLR et le PDC savent à merveille défendre des intérêts particuliers. On le voit lors de l'attribution des mandats de l'Etat. Un député-architecte est ainsi directement intéressé par la construction d'un important bâtiment public.

Tout récemment, le député-expert-comptable Yvan Zweifel attaque une décision du Grand Conseil auprès de la Chambre constitutionnelle genevoise, tout en faisant partie de la commission fiscale et en recevant les procès-verbaux faisant état de cette procédure. Quel beau conflit d'intérêt!

Ces hypocrites défendent des intérêts privés ou celui de corporations très étroites, qui gagnent de très hauts revenus. Le 24 avril nous défendrons le bien commun et la possibilité de ne pas faire un massacre sur les retraites de dizaines de milliers de Genevois, dont la moyenne des pensions actuelles est d'environ 3000 francs par mois.

Que cherchent-ils? Détruire la République et canton de Genève, pour défendre des tout petits intérêts à court terme, alors qu'ils sont gavés d'argent public ou de l'argent gagné par la profession d'avocat grâce à la protection de l'Etat.

Quelle hypocrisie! Quelle impudeur!

(Suite à certaines objections tout à fait sérieuses de Cyril Aellen, ce blog a été légèrement modifié)

 

 

 

16/04/2017

Le souverainisme a le vent en poupe

Après le triomphe de l'UKIP en Angleterre qui lui a permis de se libérer de l'absurde Union européenne, on observe en France un développement des thèses souverainistes. La liberté des citoyens prend le pas sur les structures "mammouth" qui créent des dictatures mondialisées.

Dans le même temps, de plus en plus d'économistes (en particulier Stiglitz) critiquent la monnaie "euro" qui, au lieu de présenter un bénéfice pour les populations, se révèle destructrice de nos sociétés. En effet, les différences économiques entre l'Allemagne, la France et les pays du sud de l'Europe ne peuvent être gérées par une seule monnaie, ce qui relève du simple bon sens. La productivité est différente ainsi que le poids de l'Etat ou de l'industrie d'exportation.

Pourtant, la télévision suisse romande publie un reportage, relevant de la pure désinformation ou de l'ignorance la plus crasse, qui évoque la fin de la monnaie euro comme une catastrophe, quand bien même des économistes réputés estiment que ce serait une bénédiction. Les journalistes de la TV romande ont-ils lu ces économistes et savent-ils encore ce qu'est une information objective?

Les Suisses qui disposent d'une souveraineté, hélas limitée en raison des accords avec l'Union européenne, ne se rendent pas compte de la chance qu'ils ont. Ils devraient rejeter nettement cette tendance vers une allégeance à l'Union européenne, qui est vivement défendue par le PS, le PLR et le PDC. Il en va de notre survie.

Les Anglais ont fait preuve de courage et d'indépendance. Ils ne s'en portent que mieux malgré les menaces annoncées par la majorité des médias et des politiques. Les Suisses doivent résister et défendre leurs droits face à l'arrogance de l'Union européenne qui veut nous placer sous son joug.

La Suisse, Genève, les citoyens doivent défendre leurs droits. Le MCG travaille pour cela dans notre République genevoise et nous ne devons pas baisser les bras.

Rien n'est jamais donné. Rien n'est jamais gagné.

Le fait que les Français se réveillent à l'occasion de l'élection présidentielle, avec la présence de nombreux candidats critiques envers l'Europe ou anti-européens, doit nous donner espoir, même si la tradition jacobine et centralisatrice reste un lourd boulet à porter. L'Etat français ultra-centralisé est une aberration et sa réforme n'est, hélas, pas à l'ordre du jour. Il faut un modèle d'organisation tout à fait différent, avec un ensemble de micro-Etats souverains, aux antipodes de l'Union européenne. L'avenir sera dans la fédération de ces petits Etats à dimension humaine. Ce modèle que nous avons eu la chance de pouvoir conserver à Genève et en Suisse.

Ne liquidons pas cet héritage et défendons notre souveraineté menacée par l'Union européenne.