20/03/2017

Freysinger ou l'échec d'"Ensemble à droite"

Quoi que certains médias ou concurrents politiques en disent, Oskar Freysinger a été un très bon conseiller d'Etat valaisan. Néanmoins, sa défaite devrait servir de leçon et nous indiquer les erreurs qu'il ne faut pas commettre.

En effet, ce n'est pas la candidature Freysinger qui est en cause puisqu'il a réussi à rattraper un important retard au deuxième tour et frôle l'élection mais c'est son positionnement politique qui l'a conduit à l'échec.

"Ensemble à droite": quelle drôle d'idée. Nous connaissons à Genève le parti "Ensemble à gauche", dont l'influence devient de plus en plus restreinte et qui réunit des convaincus mais n'aspire pas à rassembler une large majorité.

Ce concept pêche par son étroitesse, à l'extrême opposé de la stratégie gagnante d'une Marine Le Pen qui rassemble autant dans un milieu traditionaliste incarné par sa nièce Marion Maréchal - Le Pen que dans un milieu plus à gauche incarné par Florian Philippot, sans compter le conglomérat Bleu Marine, plus flou, de l'avocat Gilbert Collard.

Certes, le Valais n'est pas la France. Mais si ce canton est connu pour avoir de solides racines conservatrices il n'est pas aussi tourné à droite que l'a cru Oskar Freysinger. Cette erreur d'analyse lui a été fatale.

A une époque où les idéologies de gauche et de droite deviennent de plus en plus indéfinissables, alors que la vraie ligne de fracture se trace entre les mondialistes et les patriotes, utiliser un tel concept de droite devient tout à fait contre-productif surtout pour un parti qui se réclame du centre dans son titre.

Parmi les partis hostiles à la mondialisation, ou les patriotes, il existe néanmoins deux tendances que l'on ne peut nier: l'une plus conservatrice, l'autre plus ouverte et sociale. Cela explique la coexistence fructueuse à Genève de l'UDC et du MCG. Nier cette différence est également une erreur et ceux qui veulent le faire se brûleront les doigts à coup sûr.

Ce n'est pas pour rien si Genève est l'une des très rares grandes villes de Suisse qui n'a pas de majorité de gauche, grâce au MCG qui n'est ni à gauche ni à droite.

Freysinger s'est brûlé les doigts en faisant la confusion entre les idées d'une aile conservatrice et celles d'une aile sociale, en particulier sur le thème des frontaliers. Il s'est laissé piéger en ne comprenant pas que les électeurs qu'il gagnait d'un côté, il allait inévitablement les perdre de l'autre. Est-on vraiment de droite quand on veut empêcher les employeurs d'engager des frontaliers? Je ne le crois pas. Si en France, en raison du scrutin majoritaire, il est possible d'aller autant dans une optique conservatrice et sociale, en Suisse ce mélange est beaucoup plus difficile en raison du scrutin proportionnel.

Ces erreurs de positionnement ont conduit à l'éjection d'Oskar Freysinger, ce que l'on peut regretter parce que le Valais va perdre un conseiller d'Etat de qualité.

Commentaires

Il faut vraiment habiter Genève pour affirmer qu’Oskar Freysinger a été un bon conseiller d’état.

Interrogez quelques valaisans et vous allez vite comprendre que comme cela semble être le cas avec tous les populistes, de votre ex-copain Stauffer, en passant par Blocher, Duterte, Freysinger donc et bientôt Trump, il apparait que c’est au pied du mur qu’on voit le maçon et que ce n’est pas parce qu’on est doué pour récolter les fruits d’une « communication » démagogique qu’on a pour autant les compétences pour devenir un bon dirigeant, loin s'en faut.

C’est d’ailleurs ce qui me rassure lorsque je vois à quel point des leaders populistes peuvent être populaires, je sais que leur chute sera aussi rapide que leur ascension....

Écrit par : Vincent | 20/03/2017

Les médias adorent les boucs émissaires, comme les partis politiques de gauche d'ailleurs! trump, le pen, freysinger et beaucoup d'autres! Est on vraiment sûr que de l'autre côté on est pour le "bien commun"??? NON bien sûr! Le "bien commun" n'intéresse pas grand monde, la macro'mania nous le prouve tous les jours en ce moment! freysinger n'est pas pire que les autres....hélas!

Écrit par : Degoumois Dominique | 20/03/2017

Freysinger a quand même été gonflé de s'attaquer au parti majoritaire, et de loin, du Canton du Valais.
C'est ce qu'a compris le fin tacticien Philippe Nantermod. Libéral-Radical, il a réussi à rendre un siège à son collègue de parti ... en utilisant la force électorale du PDC.
J'explique la manœuvre:
Tout comme en France, il fallait d'abord provoquer un second tour, afin que les anti-Freysinger aillent voter contre.
Pour ce faire, il a fait un pari fort risqué: Au 1er tour, sacrifier son coreligionnaire (ce qui n'a pas de conséquence particulière, car ce tour n'est pas éliminatoire.
Les Libéraux-radicaux ont massivement voté pour les Socialistes, ce qui allait provoquer un ballottage général.
Ça a marché. Les Socialistes se sont alors fait l'illusion qu'ils avaient le risque d'obtenir un deuxième siège.
À ce point, il faut noter un élément qui m'a surpris quand je suis passé par le Valais: Il n'y avait pas ou pratiquement pas d'affiche électorale de Freysinger, en tous cas au 2e tour.
De deux choses l'une:
Ou bien il a oublié de faire poser des affiches.
Ou bien elles ont toutes été arrachées.
Au deuxième tour, c'était clair: Les Libéraux-Radicaux ont voté pour leur coreligionnaire. Comme les PDC avaient trois places assurées, nombre d'entre eux ont voté pour le PLR.
Souvenez-vous de Philippe Nantermod ! Ce n'est pas la dernière fois qu'on l'entendra parler.
J'ai eu l'occasion de voir les gagnants sur la télé locale bilingue Canal 9.
Il était très clair que ceux qui avaient gouverné avec lui ne le critiquaient pas du tout, preuve qu'il ne manquait pas de collégialité.
Il a d'ailleurs travaillé étroitement avec son ancien adversaire électoral, le chef de la police cantonale, et rendu sûre la frontière avec la France.
Sauf erreur, il y a 2 entrants: Un brillant PDC (qu'eskicauzbien mdr) et un PLR plutôt falot qui apparaît comme une variable d'ajustement dans le nouveau gouvernement.
Il faut noter que Freysinger a brillamment été réélu dans le Haut-Valais et a manqué de voix dans le bas (ce qui est plutôt surprenant). Le PLR, c'est l'inverse.
Il faut aussi noter que, contrairement à ce qu'avait raconté l'Hebdo, la région frontalière a massivement voté pour l'article constitutionnel contre l'immigration de masse.
Ça brise l'illusion selon laquelle les gentils Romands auraient tous voté la même chose, l'inverse des méchants Suisses-allemands.
Pour le reste, la messe est dite: Il faudra lire le résultat, commune par commune, et voir si le nouveau gouvernement sera aussi bon que le précédent.

Écrit par : Muller | 20/03/2017

Vous pouvez faire toutes les analyses que vous voulez, cela n'a rien à voir!
Il n'y avait qu'un mot d'ordre et cela depuis 4 ans: déboulonner OF-VS sous n'importe quel prétexte.
Dès sa nomination cela a commencé par la conception de son département mammouth qui prenait 1/3 du budget de l'état. Puis toutes les sessions au Grand conseil des attaques incessantes. Une demande effarante d'une restriction du budget quasiment sur son seul département......et il l'a fait!
La presse a fait son travail de sape avec en permanence à la une des "affaires", rien que celle sur Cleusix; ce dernier nommé par le Radical Roch, repris en confiance par OF-VS avec les sourires sournois des 3 PDC; sachant pertinemment les casseroles qui allaient exploser.
La complicité des PDC et PLR était en place et il suffisait de tirer les manettes, car à chaque fois le PS se régalait de pouvoir "exister" dans l'attaque.
Pendant ce temps-là vous avez un Melly qui a couvert les corruptions et dépassement de budget en tous genres pour les travaux de l'A9....motus!
Pendant ce temps-là vous avez la socialiste Kalbermatten qui a pratiquement mis l'hôpital valaisan à sac, aux conséquences désastreuses.....motus!
L'affaire Tornay-Giroud, mais là derrière Darbellay était déjà aux manettes
car il préparait le terrain pour empêcher Tornay de se représenter.

Le Valais un si beau canton, mais tellement mal habité. Aujourd'hui on voit que seuls 42'250 votants ont un certain respect de la morale et de la lucidité, le reste c'est magouilles et compagnies.
C'est peut être le premier Conseiller d'Etat VS non réélu, mais nous auront aussi pour une première la femme d'un Conseiller qui aura sur le front l'étiquette de cocue notoire, en plus d'être aux cotés d'un homme qui a toujours trahi les siens. Son parti tout d'abord qui sous sa présidence n'a fait que perdre des plumes. Qui a été l'instigateur de l'éviction d'un Conseiller Fédéral et qui s'en vante et qui à la place a été chercher une femme inconnue pour descendre en flèche la Suisse par devant les pays du monde. (imaginez donc de ce qu'il va advenir du Valais).

Conclusion, la malhonnêteté a le vent en poupe, et comme l'a si bien chanté Guy Béart à l'époque :..."celui qui dit la vérité, il sera exécuté".
Reste à chacun de choisir sa morale et de s'y tenir quoi qu'il en coûte. Chacun son tour, un jour, nous devons rendre des comptes.....mieux vaut être le plus "propre" possible.
Juste pour ceux qui se gaussent de l'absence d'Oskar en disant qu'il n'est pas capable d'assumer sa défaite.
En moins de deux mois la famille a perdu le père et le beau-père et tout Conseiller d'Etat qu'il est, il a aussi droit à son temps de deuil en priorité avant les affaires politiques....cela d'autant plus dans le contexte susmentionné.

Écrit par : Corélande | 21/03/2017

Je déteste Darbellay vous avez mal voté les valaisans

Écrit par : Cassard | 21/03/2017

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