24/01/2017

L'Hebdo ou la faillite d'une idéologie

Certes, on ne peut pas se réjouir du licenciement de journalistes et d'autres professionnels de la presse qui vont voir leur existence lourdement modifiée ni négliger le fait que des employés d'autres titres maintenant ressentent une réelle angoisse. Mais il faut se souvenir que d'autres journalistes ont été mis à la porte, trop souvent dans l'indifférence. C'est pourquoi je ne me réjouis pas de la disparition de l'Hebdo.

Néanmoins, il faut constater certaines réalités. Ce "news magazine" romand s'était lui-même placé dans une impasse idéologique, dans le contresens du mouvement de l'Histoire.

En défendant, à partir de la fin des années 1980, l'idée selon laquelle le salut de la Suisse ne pouvait se trouver que dans l'Union européenne, l'"Hebdo" a failli conduire notre pays dans une direction catastrophique. Ne sachant pas reconnaître son erreur et changer de direction, il a persévéré sous l'influence talentueuse mais néfaste de Jacques Pilet, qui a lui-même causé la perte de sa "création".

Ces dernières années, les citoyens suisses romands se sont réveillés et ont compris que cette voie était sans issue et ont perdu toute confiance en ce titre.

Dans cette démarche fanatiquement pro-européenne, je retrouve beaucoup de l'idéologie communiste qui, dans l'après-guerre, apparaissait à beaucoup comme la meilleure solution. Avant que la réalité démontre l'erreur profonde de cette idéologie. Si le communisme n'a cessé à aucun moment de se tromper durant tout son règne soviétique, l'"Hebdo" et son gourou Jacques Pilet n'ont, eux aussi, rien compris à notre monde tel qu'il fonctionne.

Comment expliquer ce phénomène? J'y vois le "besoin de grandeur" dont parlait déjà Ramuz, sentiment propre à notre petit pays romand. Cette "grandeur" était miraculeusement trouvée dans l'idéologie pro-européenne. Mais cette idéologie est aujourd'hui de plus en plus largement repoussée par les citoyens suisses comme par les pays européens.

En résumé, c'est la faillite d'un modèle européen qui ne tient pas compte des cultures particulières de divers pays ni des cultures variées de nos cantons romands.

De ce combat idéologique, mené à coup de déficits financés par le mécène Ringier depuis 2002, il reste des victimes collatérales : les employés de l'"Hebdo". Il ne reste maintenant plus qu'à espérer que le très prospère trust "européen" Ringier-Axel Springer prenne ses responsabilités sociales et financières afin de les aider. Si ce n'est pas le cas, il faudra parler d'une nouvelle erreur, dans la droite ligne de l'idéologie pro-européenne.

Commentaires

Les singuliers amis de Michael Ringier...éditeur. Ce texte mérite d'être lu:

Unsere Bilderberger – Schweizer Politiker und ihre Geheimtreffen

http://tinyurl.com/zzjlurz

Écrit par : jaw | 25/01/2017

Excellent commentaire auquel il faudrait ajouter la prochaine déconfiture du journal Le temps, qui un clone de l’Hebdo.
Je me réjouis déjà de sa disparition!

Écrit par : simoniusus | 25/01/2017

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