19/12/2016

PLR: du plomb dans l'"L"

Afin de protéger l'éditeur de ce blog, "La Tribune de Genève", et à sa demande, nous apportons des corrections mineures. Nous avons ainsi censuré quelques passages qui pourraient être contestés, pour tenir compte de la sensibilité de certains. Cela fait suite à diverses pressions exercées sur cette entreprise de presse et sur le groupe parlementaire MCG. Nous protestons contre cette atteinte caractérisée à la liberté de la presse et à la liberté de l'expression en politique.

(...) Le député pLr Cyril Aellen assène à la face de la République: "le PLR n'a plus confiance envers (sic) le Conseil d'Etat". http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/plr-confiance-con...

Là où la terre genevoise devrait trembler, c'est plutôt le fou-rire qui s'empare de nous.

Car enfin, ce Conseil d'Etat pareillement conspué ne devrait-il pas être majoritairement sensible à une doctrine de droite avec deux PLR et deux PDC, ses alliés?

Non seulement une telle déclaration est particulièrement insultante pour les membres du gouvernement qui représentent l'Entente PLR-PDC, mais elle est, et c'est beaucoup plus grave à nos yeux, insultante pour l'élémentaire intelligence.

A moins que l'on imagine que la sagesse sortira du chaos, comment oser préconiser un rejet du budget 2017, au motif qu'il n'intégrerait pas de mesures coercitives lourdes à l'égard de la fonction publique et des plus démunis, tout en appelant à l'unité citoyenne pour soutenir la réforme de l'imposition des entreprises (RIE III) sur laquelle les électeurs se prononceront en automne prochain?

Ce même PLR, qui ne cesse de rappeler, à juste titre d'ailleurs, que RIE III est le virage à ne pas manquer pour Genève, si l'on ne veut pas assister à la perte de dizaines de milliers d'emplois, et qui ne cesse de fustiger ceux des élus de gauche qui hurlent à la perte de rentrées fiscales dont Genève ne pourrait se passer, agit exactement comme l'espèrent ses adversaires, avec dédain, arrogance, et condescendance.

N'y a-t-il à ce point plus de têtes pensantes dans ce PLR, au point de laisser un député, dont on attend encore le balbutiement de la démonstration d'une réussite politique quelconque, venir proférer autant d'inepties suicidaires?

En réalité, tout cela n'est que stratégie, ou prétendue telle, car tellement puérile.

Le PLR sait qu'un budget déficitaire est incontournable, tant les charges contraintes, notamment dans l'aide sociale, sont importantes et nécessaires pour le maintien de notre cohésion, mais il veut nous faire croire qu'il serait le seul garant de l'équilibre financier du canton. Il laisse donc à d'autres faire le "sale boulot" à ses yeux, tout en s'assurant qu'il y aura tout de même une majorité pour voter ce budget, dont il dit ne pas vouloir.

Ainsi le PLR n'est pas la cause d'une crise institutionnelle renouvelée (une nouvelle année sans budget), et se réserve de venir hypocritement nous rappeler à l'avenir que "si on l'avait suivi", les finances seraient plus saines.

Cette stratégie de pacotille (...) est indigne d'un parti qui espère sans doute rester le premier du canton.

Le MCG, pour sa part, a démontré une fois de plus en cette circonstance, qu'il a pour seul objectif la défense de Genève et de ses habitants, au-dessus des dogmatismes réducteurs et calculateurs qui ont donné à la politique la triste image qu'elle a auprès de notre population.

17/12/2016

Le MCG a refusé d'entrer dans le jeu des "kamikazes"

Vous trouverez ci-dessous la déclaration finale du groupe MCG avant le vote du budget. On a échappé de justesse à la catastrophe qu'aurait représenté un refus du budget vendredi 15 décembre, après l'échec total du budget 2016. Certains irresponsables font la fine bouche, mais ils ont joué avec l'avenir de Genève et ont heureusement été battus. Au final, une majorité de 56 députés a voté OUI à ce budget, qui n'enthousiasme personne mais donne un futur à notre canton.

Pour le Mouvement Citoyens Genevois, l’intérêt général de Genève prime sur tout. Nous voulons assurer l’avenir de notre République et canton, lui permettre de relever, dans les meilleures conditions, les défis qui nous attendent. Et ce n’est pas rien, puisque nous devrons affronter RIE3 et l’avenir de la caisse de pension CPEG.

Après l’absence de budget en 2016, Genève ne peut pas se payer le luxe d’avoir une nouvelle année sans budget. Pour le MCG, l’analyse a été faite. Nous devons prendre nos responsabilités et restaurer la confiance.

Certes, le MCG est convaincu qu’un équilibre peut être trouvé dans nos finances cantonales, en réduisant les cadeaux faits à la France voisine et à la Berne fédérale. Mais nous avons pris acte que nous sommes le seul groupe à défendre cette position d’équilibre budgétaire. En conséquence, nous poursuivrons ce combat au moyen d’une motion, intitulée « Genève d’abord », qui a été déposée dans ce Grand Conseil et par d’autres moyens.

Mais nous ne voulons pas jouer aux kamikazes ni mettre en péril notre République. Parti responsable, le MCG a pris l’engagement de suivre le budget proposé par le Conseil d’Etat qui permet de trouver une majorité et qui a été le fruit de nombreux arbitrages difficiles.

Si chaque parti part dans sa direction, nous allons vers l’implosion, comme cela fut le cas l’année dernière. Il nous faut donc composer et trouver des solutions qui conviennent à la très grande majorité.

En commission des finances, les bonnes volontés ont pu se fédérer pour l’avenir de Genève, en dehors des clivages habituels. Ce ne fut pas facile. Il nous fallait trouver une majorité qui accepte de voter le budget proposé par le Conseil d’Etat et qui refuse de jouer le psychodrame du budget 2016. Ce fut fait.

En séance plénière, le MCG n’a accepté que trois amendements très modestes d’un total de moins de 3 millions, afin de desserrer le corset sur l’hébergement des personnes âgées – l’IEPA -, sur l’Hospice général et sur les TPG. Nous ne sommes pas allés plus loin, en restant sur la ligne générale proposée par le Conseil d’Etat.

Pour 2017, plus que jamais, Genève a besoin de confiance et de cohésion sociale. Nous devons nous placer de manière à traiter au mieux les grands enjeux qui nous attendent. Si nous ne nous serrons pas les coudes, malgré nos différences politiques, si nous ne sommes pas réalistes, si nous ne pensons pas à la cohésion sociale, nous n’y arriverons pas. Nous irons droit dans le mur.

Si certains veulent saboter ce budget, ils doivent reconnaître qu’ils saboteront également la cohésion sociale qui sera nécessaire à Genève pour avancer. Gardons-nous bien de faire la politique du pire, ce qui serait une très grave faute politique.

Le MCG en appelle à tous les groupes politiques et à tous les députés de bonne volonté, afin de penser avant tout aux habitants de notre canton et à l’intérêt général.

Ce budget 2017 est bon mais la majorité est fragile et il nous faut 51 votes de députés pour qu’il soit accepté. Nous avons tous une responsabilité pour l’avenir de Genève : c’est la seule question qui nous est posée.

Nous vous demandons à toutes et à tous de voter OUI, pour l’avenir de Genève.

09/12/2016

Justice genevoise: une politisation insupportable

Actuellement, les leviers essentiels du pouvoir judiciaire sont dans les mains d'un seul parti - le PLR -, avec quelques supplétifs de gauche, ce qui est tout à fait malsain pour nos institutions.

Le MCG dénonce ce dysfonctionnement depuis des années et a déposé cet automne un projet de loi qui propose une dépolitisation de la justice genevoise. C'est-à-dire que les juges ne seront plus contraints d'être membres d'un parti politique pour accéder à cette fonction. Ils ne devront plus faire mention de leur couleur politique et pourront ainsi devenir ainsi impartiaux, ce qui est la moindre des choses pour un juge à qui on demande d'arbitrer et non de prendre parti.

Actuellement, les travaux se poursuivent en commission du Grand Conseil sur ce projet de loi (11962) qui demande que "les candidats à la magistrature et les magistrats élus ne fassent aucune référence à un parti politique".

Les derniers événements nous donnent raison.

D'abord, il règne une omerta insupportable sur le destin judiciaire d'un ancien président du Grand Conseil PLR qui aurait fait de mauvaises affaires et dont nous ne savons rien. Vu le poids de son parti dans l'appareil judiciaire, toutes les hypothèses sont ouvertes sur ce qui s'est passé ou non.

La politisation de notre justice nous conduit à nous interroger sur ce long silence.

Nous le faisons d'autant plus au moment où une ancienne élue d'un autre parti fait les gros titres de certains médias.

Il n'est pas question d'évoquer le fond de l'affaire mystérieuse qui concerne ce président PLR du Grand Conseil disparu, comme lors d'un tour de prestidigitation, mais il convient de s'interroger sur le pouvoir excessif de certains lobbys et partis politiques.

Chacun pourra en tirer les conclusions qu'il veut. Mais force est de constater que la question serait plus facilement résolue par le projet de loi 11692, qui réglerait définitivement toutes ces interrogations qui sont très mauvaises pour la crédibilité de nos institutions.

Au yeux du justiciable, il restera toujours un doute, aussi longtemps que la vie du pouvoir judiciaire sera orchestrée par les partis politiques.