26/07/2016

Les gaffes turques de M. Burkhalter

La Suisse ne s'est jamais aussi bien portée que lorsqu'elle a pratiqué la neutralité en politique internationale. Ceci, le conseiller fédéral Didier Burkhalter l'a oublié. Lors des derniers événements en Turquie, la diplomatie suisse a multiplié les gaffes, en prenant parti de manière désordonnée et tout à fait imprudente.

Sous le coup de l'émotion, la Suisse a très rapidement apporté son soutien au gouvernement de M. Erdogan face à la tentative ratée de certains militaires putchistes. Une application intelligente de la neutralité helvétique aurait été de ne pas intervenir dans les affaires intérieures d'un autre Etat, d'autant qu'il existe des instances internationales qualifiées comme le Conseil de sécurité de l'ONU.

La Suisse n'ayant pas de forces d'intervention militaire à l'étranger, ce soutien relève de belles paroles qui sont, à bien y réfléchir, ridicules.

Mais ce qui est plus grave, c'est que le soutien de la Suisse au Gouvernement Erdogan avait comme conséquence directe un appui politique aux arrestations, violences et autres atteintes aux droits de l'homme qui ont suivi. Les médias les ont largement relayées.

Peu de temps après, la diplomatie suisse a bien été obligée de redresser la barre et d'intervenir en suggérant au gouvernement Erdogan qu'il doit respecter l'Etat de droit. Cette démarche est tout aussi ridicule, puisqu'elle est sans effet, et relève d'une sourde hypocrisie. Mais comment la diplomatie de M. Burkhalter pouvait-elle sortir de l'impasse autrement ?

La sagesse devrait nous inciter à respecter de manière plus rigoureuse la neutralité suisse. Cela concerne uniquement nos autorités exécutives en charge des affaires étrangères, le Conseil fédéral, puisque les citoyens et les médias sont quant à eux parfaitement libres d'exprimer toutes les opinions.

C'est la ligne intelligente qui avait été choisie en 1939-45 dans une situation bien plus dangereuse que celle que nous connaissons aujourd'hui. Les individus pouvaient exprimer leur opinion - avec des conseils de prudence dus à la menace permanente des force de l'Axe - mais le Conseil fédéral restait lui sur une ligne de neutralité.

Décidément, la diplomatie suisse et son principal représentant - couvert d'éloges à tort par certains médias - font piètre figure en 2016, face à un héritage aussi brillant.

 

 

Commentaires

Nos élus à Berne sont arrivés en suivant les courants politiques qui ne font pas de remous alors comment voulez vous qu'ils puissent s'en désolidariser le moment venus. Ils adoptent un mode de penser unique aussi inique soit-il. Seul un Christophe Blocher était capable de s'en distancer.

Écrit par : norbert maendly | 26/07/2016

A l'école, j'avais appris que l'adjectif "turc" s'écrivait "turcque" au féminin... Mais bon, c'était au siècle dernier.

Écrit par : Déblogueur | 26/07/2016

Déblogueur, je ne sais pas où vous êtes allé à l'école. En ouvrant le Petit Robert (édition 1979), il est écrit: "turc, turque" et non pas "turcque". Ce qui est un truc assez bizarre. Vous confondez avec "grec et grecque". Au lieu de snober les MCG que vous traitez fréquemment d'incultes, ce qui est votre marque de fabrique, vous devriez plutôt avouer un déficit de culture générale.
Quand on veut donner des leçons, on se renseigne...

Écrit par : François Baertschi | 26/07/2016

Tiens, François Baertschi a trouvé sa tête de Turc en la personne de Déblogueur !
Cordiales salutations.

Écrit par : Justine Tittgout | 26/07/2016

Allez, au temps pour moi pour l'orthographe, vous avez raison.. Pour le reste, je vous laisse é vos affirmations. Il fait trop chaud pour débattre avec des incultes.

Écrit par : Déblogueur | 27/07/2016

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