11/07/2014

CEVA: le chantage permanent et hystérique

Le CEVA nous fait assister à des scènes pathétiques dans le microcosme politique genevois. Le dernier exemple en date, c'est la situation où se trouvent les entreprises genevoises qui ne peuvent pas soumissionner pour les gares du CEVA qui sont attribuées en bloc pour un montant trop important, au lieu d'être réparties de façon à ce que les sociétés locales puissent travailler dans le respect de la volonté des électeurs.

Afin de ne pas tenir le rôle des "empêcheurs de construire le CEVA", ces entreprises n'ont pas fait opposition pour ne pas être accusées de retards et de surcoûts, paraît-il. Cette technique s'apparente à un chantage politique qui n'est pas acceptable et qui est multiplié contre des recourants qui ont relevé les nombreuses faiblesses du projet en particulier au niveau de la sécurité (avec des sorties de secours). On préfère des morts possibles dans un tunnel pour éviter un départ différé du chantier: drôle de mentalité.

La vérité la voici: ce projet CEVA est un désastre financier pour Genève qui n'a pas les moyens de se payer une structure inutile (ou très peu utile); au niveau de l'exploitation, ce sera un déficit permanent dû à la dimension du projet et à ses erreurs de conception.

Les partisans du CEVA, en particulier les partis politiques qui à défaut d'adorer le veau d'or se prosternent devant une ligne de train zigzaguante, disent que tout est de la faute des opposants: les déficits, les retards, la géologie. C'est bête à manger du foin, du foin qu'un certain conseiller d'Etat ne donnerait même pas à ses bêtes.

Mais ce chantage permanent et hystérique ne fait que cacher la réalité de ce tracé hors de prix et inutile. Ou comment Genève se dirige vers les déficits et les impasses budgétaires. Pour rien. Juste pour une idée foireuse.

Dans quelques années, les mêmes ou leurs successeurs diront: nous ne savions pas. Ce n'est pas de notre faute. Mais ce sera trop tard et les générations futures devront payer la facture.


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COMMUNIQUE DE PRESSE DU MCG


CEVA : les entreprises locales à nouveau prétéritées

Le MCG constate une fois de plus avec consternation que la politique, mise en place par les CFF dans le cadre des appels d'offres pour le chantier du CEVA, favorise les grandes entreprises étrangères. Au détriment de nos entreprises locales.

 

Alors que le CEVA coûtera à Genève et à la Confédération plus de 2 milliards, et que ce chantier devait avoir des retombées pour nos entreprises et nos emplois, il s'avère une fois de plus que les adjudications bénéficieront à des entreprises étrangères, lesquelles, non soumises à un contrôle strict du respect de nos conventions collectives de travail, peuvent engager des travailleurs au rabais et pratiquer des prix imbattables.

 

Promesses mensongères

 

Ainsi, après avoir adjugé à l'entreprise française VINCI les travaux de gros-oeuvre pour 800 millions, les CFF ont groupé la construction des cinq gares, avec pour conséquence prévisible d'écarter les entreprises locales.

Cela démontre que les promesses faites à la population genevoise en 2009 pour lui faire accepter ce chantier destiné principalement au déplacement des travailleurs frontaliers, n'étaient que mensonges.

 

Cette situation scandaleuse, dénoncée par le Conseiller d'Etat MCG Mauro Poggia à Forum le 9 juillet, lui a valu une attaque aussi personnnalisée qu'incompréhensible, le lendemain, dans la même émission, par son collègue Luc Barthassat (PDC), lequel considère apparemment que tout va très bien dans le meilleur des mondes.

 

La stratégie des « beni oui-oui »

 

Cette attitude n'est que le prolongement des propos tenus sur son blog auprès de la Tribune de Genève par de député Bertrand Buchs, chef de groupe PDC, dont la stratégie du "beni oui-oui" a fait fortune dans ce parti. Il y préconise en effet la soumission à l'égard du diktat des CFF, afin de conserver de bonnes relations avec la Confédération.

 

Genève n’a pas à s’appauvrir pour la France

 

On sait où cette politique a mené Genève jusqu'ici et le MCG s'y opposera avec toute son énergie.

L'argent des Genevoises et des Genevois n'a pas à enrichir des entreprises françaises lorsque nos entreprises peuvent, sous la forme d'un consortium, réaliser elles-mêmes les travaux! C'est en affirmant sa force et sa détermination que Genève gagnera le respect de la Confédération et non pas en acceptant sans réagir ce qui lui est imposé!

 

Roger GOLAY, Président du MCG, Conseiller national

 

François BAERTSCHI, Secrétaire général du MCG

11:39 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Trois remarques en réponse à votre blog:

1. Pourquoi ne pas souligner que celui qui dirige les CFF a déjà été le fossoyeur du service public de la Poste le socialiste Ulrich Gygi. Ce personnage a écumé tous les postes possibles et imaginables de l'administration fédérale pour y faire le ménage. Il es aussi administrateur de AXA Winterthur, branche suisse de AXA laquelle est à son tour un gros actionnaire de grands groupes BTP français. En d'autres termes, cet ex-UBS/JP Morgan est avant tout un prédateur du service public. Sa dynamique n'est pas de s'occuper du tissu PME local genevois, il s'en bat les...! La seule chose qui intéresse un individu de ce type c'est le fric. Si vous examinez son CV, l'accent est mis sur le chiffre d'affaire de la poste, mais pas les conditions de travail des collaborateurs ou encore la qualité du service au public.
Ajoutez-y que c'est sous le règne de ce requin SOCIALISTE que la poste a vendu un grosse partie de son patrimoine immobilier à des petits copains de l'immobilier zuricho-bernois.

2.Pourquoi ne pas rappeler que le coup de la moraine est connu depuis les travaux d'exploration bien avant le vote et que là le maître de la manœuvre n'est autre que ineffable CRAMER qui lui doit ses réélections au même lobby que l'agricole Barthassat qui avait des records d'absentéismes à Berne. Non qu'il n'y fut pas mais du fait de l'inutilité de sa présence. D'ailleurs ils n'ont même pas remarqué qu'il n'y est plus!

3. Le bon Dr Buchs, PDC comme Barthassat, reproche au conseiller d'Etat Poggia son manque de collégialité. Je n'ai pas le souvenir de l'avoir entendu lorsque le même Poggia est parti en rupture avec le parti grâce auquel il a été élu qui n'est pas le PDC, il faudrait qu'il s'en souvienne, mais le MCG.

Monsieur Poggia ET le MCG ont toujours dit que le CEVA dans son ensemble est une vaste escroquerie. Intellectuelle d'abord orchestrée par Cramer. Politique ensuite, par la mobilisation du lobby des constructeurs genevois de la FER dont les plus influents membres siègent au grand conseil, comme Barriller ou avant lui Matthey. Tous dans l'espoir de se remplir les poches tout en vidant celles des finances publiques.

Le CEVA est une vaste fumisterie et les cachiotteries de Monsieur Longchamp ne sont qu'un épisode de plus de cette entourloupe.

Monsieur Poggia a autant raison ici qu'il a eu tort de tirer contre son camp dans la votations du 9 février.

Merci au MCG, même si parfois certain de ses représentants ne sont pas des modèles de finesse, ce parti est le seul qui dise ce que les autres ont tous intérêt à cacher.

Écrit par : Edmond Sirven | 11/07/2014

Eternel recommensement...
C'est toujours mieux ailleurs que chez nous.
Nous autres Suisses sommes la risée de nos "amis" français.
PS : Pous Barthassat, une fois de plus tout va toujours très bien, il va
bientôt recevoir la légion d'honneur !

Écrit par : bidouille | 12/07/2014

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