29/06/2014

Comptes de l'Etat de Genève 2013: non à l'utopie catastrophique du Grand Genève

Rapport de minorité sur les comptes

Mesdames et Messieurs les Députés,

Pour certains, le vote des comptes de l’Etat de Genève ne serait qu’une formalité. A les écouter, on se demande d’ailleurs pourquoi nous avons la possibilité de voter ces comptes.

C’est une grossière illusion. Il ne s’agit pas d’un vote uniquement technique comme certains voudraient nous le faire croire, car, derrière ces comptes, il y a une réalité politique.

Cette réalité politique, c’est que nous avons des revenus nets à hauteur de 9 milliards 179 millions, avec un résultat net de 56 millions. Néanmoins, au final, l’Etat de Genève se retrouve avec un trou de 900 millions. C’est-à-dire une dette qui augmente de près de 1 milliard, en raison d’une « insuffisance de financement ».

Mesdames et Messieurs du Conseil d’Etat, n’en jetez plus! N’en jetez plus, de ces centaines de millions et de ces milliards d’argent public!

Notre minorité refuse les comptes 2013, parce qu’il y a tromperie politique, parce que le citoyen a été dupé.

Et cette tromperie, qui creuse la dette de l’Etat de Genève a un nom: elle s’appelle CEVA. Elle s’appelle Grand Genève, cette coûteuse utopie, qui va nous conduire à la catastrophe si nous ne l’arrêtons pas à temps.

Alors que nous n’en avons pas les moyens, l’Etat de Genève continue à dépenser des sommes inconsidérées pour le Grand Genève, avec de l’argent que nous n’avons pas et que nous devons emprunter.

C’est pourquoi nous osons parler de tromperie, d’un tour de passe-passe indigne de notre République.

A grand peine, les députés de l’ancienne législature ont obtenu un équilibre au niveau du compte de fonctionnement. Et dans le même temps, 1 milliard se perd dans le compte d’investissement qui permet de truquer notre comptabilité publique à qui mieux mieux.


Revenons au CEVA. Ce projet mégalo ne devait, à l’origine, coûter qu’un tiers d’une somme évaluée à moins d’1 milliard. C’est ainsi que le CEVA a été vendu à l’opinion et aux électeurs qui ont été trompés. C’est ainsi que les Genevois ont dit OUI sur la base de fausses informations. Actuellement, la part de Genève se monte à environ 44%, près de la moitié des coûts du projet, selon les données publiées par les « pilotes » de ce projet. Quant à la facture de ce très cher CEVA, elle enfle comme en attestent les comptes 2013.

En augmentant les dépenses de l’Etat de Genève, année après année, ce
projet ne respecte plus la volonté populaire et fausse la « sincérité » de nos
comptes.

Quant aux entreprises genevoises qui espéraient emporter le pactole, elles se sont fait rouler dans la farine, puisque les françaises ont emporté le gros morceau. Une fois de plus Genève est la perdante et les entreprises genevoises se sont fait avoir comme des gamins; quant aux contribuables, ils seront tristes de constater que l’argent dépensé ne reviendra pas dans nos caisses.

Le déséquilibre des comptes de l’Etat qui nous conduit à l’explosion de la dette, trouve sa source dans le compte d’investissement. C’est là que les finances publiques genevoises dérivent et c’est cet élément que le
Conseil d’Etat se garde bien de communiquer depuis de nombreuses législatures.

Cela correspond à une vieille habitude genevoise qui veut que l’on oublie
sciemment les investissements comme si ces derniers ne devaient pas être
financés ou amortis, à moins qu’il ne s’agisse d’un héritage négatif pour les
générations suivantes ou une autre espèce de « mort à crédit ».

En l’état, nous ne pouvons accepter les comptes 2013 qui font preuve
d’irresponsabilité au niveau de l’investissement, talon d’Achille des finances
publiques genevoises.

Nous vous conseillons donc de les refuser afin d’exprimer un signal fort contre une gestion désastreuse de nos comptes.

François Baertschi, rapporteur de minorité pour les comptes, député MCG

16:03 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Je suis tout-à-fait d'accord avec vous. Le Grand Genève n'existe que dans la tête de certains politiciens, mais n'a aucune assise populaire. Il faudrait que le peuple genevois vote pour savoir s'il veut faire part de ce "Grand bastringue" ou non.

Écrit par : Ralf LATINA | 30/06/2014

Le problème est bien plus grave.
Il s'agit de dénoncer une mentalité.
C'est du sabotage, pur et simple.

J'ai le souvenir de certaines discussions pour préparer les candidatures pour la Constituante, dans lesquelles j'avais entendu Magali Orsini d'ATTAC prôner un endettement sans limites pour le canton.

Aucune inquiétude pour les banques ou pour les contribuables, surtout les bénéficiaires de forfaits fiscaux, qui devrait tôt ou tard passer à la caisse.

Je me demande comment Genève arrive à survivre avec des résidents qui font leurs commissions (achats) en France voisine, avec des travailleurs frontaliers, avec des demandeurs d'emplois (chômeurs+ceux qui sont à l'Hospice), avec des résidents étrangers qui, grâce à Western Union envoient chaque mois des sommes considérables à travers le monde entier pour faire vivre leurs familles.

Tout cet argent qui sort, qui n'est pas dépensé au niveau local, mais seulement gagné à ce niveau.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 01/07/2014

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