16/03/2014

PPE and co.: comment la montagne accouche d'une souris!

Nouveau venu au Grand Conseil à l'automne dernier en tant que député, j'ai eu la curieuse impression que les débats de jeudi et vendredi étaient hors sujet, mais vraiment complètement à côté de la plaque.

Ou comment la montagne a accouché d'une souris, à défaut d'un vrai débat de société.

Jeudi soir, on examinait la proposition d'un contrôle externe. Il ne s'agissait que de l'application d'un article de la nouvelle Constitution qui demande: un réviseur financier externe ou le contrôle financier par la Cour des comptes. C'est binaire. A mon sens, en 30 minutes les opinions des uns et des autres auraient pu  s'exprimer. Les opposants à cette spécialité genevoise (contestée avec de bonnes raisons) ont aussi la possibilité de changer cet article de la nouvelle Constitution.

Vendredi soir, la loi qui limite les abus dans la vente de PPE (Propriété par étage) a également permis à un psychodrame de se dérouler dans la Salle de l'Hôtel de Ville. Les députés ont reçu une pluie d'amendements techniques sur leurs bureaux, les anathèmes ont fusé, les esprits se sont échauffés et la tentation de s'exprimer a prolongé les débats, jusqu'à la décision bienvenue du Bureau de réduire les temps de parole afin de venir à bout de la question. Nous ne sommes donc pas restés à débattre jusqu'à épuisement à 4 heures du matin!

Je me demande ce qu'a compris de ces débats techniques le courageux citoyen qui a suivi le débat sur internet (Léman Bleu ne diffuse plus, ce qui est un recul de la démocratie).

Résumons grossièrement: l'ensemble du Parlement était favorable à une loi demandant un contrôle de la vente des PPE en zone de développement pour éviter que des spéculateurs achètent 5 à 15 appartements à un prix protégé afin de les revendre avec profit. Mais cette loi, rédigée par le Département et donc trop bureaucratique, oubliait certaines réalités en particulier les cas d'absence pour de bonnes raisons comme le divorce ou le départ à l'étranger. Un ensemble de députés ont demandé des assouplissements mais aussi plus de précisions et des contraintes supplémentaires, par exemple en empêchant les "hommes de paille".

Certes, le jeu politique et parlementaire pousse les députés à exprimer des idéologies. Ce n'est pas une mauvaise chose, si on n'oublie pas la réalité.

La solution choisie par une grande majorité du Grand Conseil (PLR, UDC, MCG, Verts, PDC) et acceptée finalement par le Conseil d'Etat est un compromis qui va faire du bien aux Genevois. Mieux encore: afin d'éviter toute spéculation de dernière minute, la loi a été acceptée immédiatement.

L'objectif était double: empêcher les abus dans la vente de PPE et ne pas bloquer les projets par des mesures irréalistes. N'oublions pas que ces projets comportent aussi des logements sociaux en parallèle des PPE.

Cela prouve une fois de plus que les bonnes solutions pour les citoyens ne se situent ni à gauche ni à droite mais hors de ces clivages d'une autre époque. Pour le bien de tous.

Pour l'heure, l'objectif semble être globalement atteint. Et si par hypothèse très incertaine la loi se révélait mauvaise, il serait temps d'en changer.

 

Commentaires

Les débats de jeudi et vendredi étaient hors sujet, mais vraiment complètement à côté de la plaque.
Ou comment la montagne a accouché d'une souris, à défaut d'un vrai débat de société.
Cela prouve bien Monsieur Baertschi, que les partis politiques sont de nos jours complètement dépassés,car tous manipulés par de puissants lobbies.

Écrit par : jacques joray | 16/03/2014

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