23/01/2014

Salaires en baisse à l'aéroport: il faut voter OUI à l'initiative contre l'immigration massive!

 

La question des salaires à l'aéroport a été posée au Grand Conseil par plusieurs résolutions et autres textes. Le MCG a déposé un projet de loi demandant notamment des conventions collectives de branches, ce qui est une solution pour protéger les travailleurs résidents genevois.

La priorité de l'emploi devient de plus en plus une nécessité. L'utopie européenne a été dramatique pour les employés de Gate Gourmet, héritière de Swissair.

J'ai signé le rapport de majorité sur la Pétition P1884 baptisée contre le dumping salarial à l’aéroport (On est tous des Gate Gourmet). Il y a un problème, personne ne le contestera, mais il faut apporter les bonnes réponses et le combat syndical de type post-soixante-huitard, avec une violence physique dans les locaux de Gate Gourmet, a été contre-productif.

La pression sur les salariés à l'aéroport, qui fait souffrir les employés, n'est possible que grâce à la libre circulation et à la dérégulation du marché de l'emploi. La gauche rêve d'un internationalisme utopique qui ne profite qu'aux patrons. Les petits patrons de PME rêvent de profiter du système alors qu'ils vont se retrouver broyés par plus malins qu'eux.

Ce marché de dupe ne peut cesser que par un OUI franc et massif à l'initiative contre l'immigration massive et l'afflux de frontaliers.

Dans la partie conclusion et perspective de ce rapport de majorité, sont résumés les principaux enjeux de cette affaire et les limites de l'action syndicale. C'est la politique qui décide de Bruxelles ou de Berne alors que Genève se tait.

C'est une raison de plus de voter OUI à la souveraineté de la Suisse sur le marché du travail!


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Conclusion et perspectives

1.       La déconfiture de Swissair et l’échec d’une politique utopique d’ouverture.

Le conflit entre le syndicat SSP et l’entreprise Gate Gourmet est en soi un révélateur des contradictions de notre époque. A l’origine – non du monde mais de l’aviation en Suisse – il y avait Swissair, compagnie prestigieuse et de haut niveau, dont le département catering est devenu une entreprise baptisée « Gate Gourmet ».

Autrefois protégés par une compagnie respectée et artisans de cette qualité suisse qui nous était alors enviée, les employés et dirigeants de Gate Gourmet se sont retrouvés orphelins et envoyés dans une concurrence de plus en plus féroce.

Les employés de Gate Gourmet ont payé cash les erreurs de stratégie du groupe Swissair parti dans des projets mégalomaniaques et menant au grounding qui a détruit la prestigieuse compagnie aérienne.

Il convient de rappeler que Swissair avait été un des lobbys les plus actifs pour exiger la conclusion rapide des accords bilatéraux qui étaient estimés par ailleurs comme indispensables à sa survie. Avec le recul, on peut constater que cette politique de prétendue « ouverture » avec l’acquisition de nombreux canards boiteux du type Sabena ou Air Liberté a causé la chute de Swissair.

Les victimes de cette politique utopique ont été surtout les employés de la compagnie aérienne et notamment ceux de Gate Gourmet, dont l’entreprise se retrouve prise aujourd’hui dans une concurrence parfois féroce.

 

2.       Les règles de concurrence imposées par Berne et par l’Europe

Comme l’a indiqué avec précision le directeur général de l’Aéroport, l’AIG doit respecter une concession accordée par Berne qui lui laisse une très faible marge de manœuvre. La dévolution des pouvoirs de notre aéroport à des conditions de plus en plus invasives et précises de l’Union européenne qui impose d’avoir deux sociétés concessionnaires en concurrence par branche d’activité, et bientôt trois. L’extension de la convention collective de l’hôtellerie-restauration, moins généreuse, au domaine aérien a été décidée par la Confédération, en raison du fait que des acteurs du catering sont extérieurs au site des aéroports. Dans les deux cas, l’Union européenne et la Berne fédérale ont fait passer la concurrence et la liberté du commerce avant la défense des salariés.

Ce renforcement de la concurrence rend la tâche difficile à Gate Gourmet, ce qui crée des tensions.

 

3.       Impuissance des autorités genevoises

Le Conseil d’Etat a été tenu informé de ce conflit, ce qui a incité une majorité de commissaires à ne pas lui renvoyer la pétition mais à la déposer sur le Bureau du Grand Conseil.

Il convient d’ajouter que la marge de manœuvre actuelle du Conseil d’Etat est faible, étant entendu que le cadre est fixé comme un carcan par les prescriptions de l’Union européenne et de la Confédération.

Il ne reste donc au Gouvernement qu’un rôle de bons offices entre deux parties en conflit. Sa marge de manœuvre est, dans les conditions actuelles, très étroite puisque les décisions déterminantes sont prises aujourd’hui à Berne ou à Bruxelles.

 

4.       Paix du travail et syndicalisme de combat

Indépendamment des conditions générales du marché du catering et de l’historique de Gate Gourmet, nous nous retrouvons ici face à un syndicalisme de combat, qui est en rupture complète avec la tradition.

Depuis les années 1930-1940, la Suisse a connu ce que l’on a coutume d’appeler « la paix du travail ». Au lieu de se perdre dans des conflits stériles et violents, les syndicats ouvriers et patronaux ont décidé d’utiliser la négociation et le dialogue, ce qui a permis d’avoir des décennies de prospérité et d’en partager les fruits avec les travailleurs.

Après mai 68, est apparu un syndicalisme de combat influencé par les idéologies gauchistes et en rupture complète avec la paix du travail jugée ringarde.

L’occupation de Gate Gourmet – avec des violences physiques – par quinze personnes, dont une majorité de syndicalistes et une minorité d’employés de l’entreprise, se situe dans la lignée de ce syndicalisme de combat post-soixante-huitard.

Cela s’est malheureusement soldé par le licenciement des employés qui ont participé à ce coup de force, les autres grévistes étant épargnés.

 

5.     5. Grand tintamarre médiatique

Présent à de nombreuses occasions avec de grandes banderoles, le syndicat a su orchestrer un grand tintamarre médiatique avec un certain talent. Si l’expression d’une opinion est respectable, elle ne doit pas effacer le débat démocratique ni l’écoute de l’autre partie, c’est-à-dire la direction de Gate Gourmet publiquement mise en cause, alors qu’elle fournit des conditions de travail plus favorables que la concurrence ou la place aéroportuaire zurichoise.

L’affaire Gate Gourmet est avant tout le constat d’échec du dialogue social entre une société et un syndicat.

Souhaitons qu’une solution puisse être trouvée pour les employés qui ont perdu leur travail après avoir participé à l’action syndicale, afin de limiter les dégâts de cette affaire.

15:21 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Bien vu !
Je vous remercie pour ces éléments qui sont des témoignages d'un réel vécu, ici, chez nous.
L'argument est fondé, il apporte un éclairage complémentaire au débat.
Mais en fin de compte, toutes ces discussions tournent indirectement autour du sujet de la croissance.
Que voulons-nous ? Comment nous positionnons-nous dans le concert des nations ? Comment ne pas comprendre que les BRICS veulent enfin pouvoir profiter de ce dont nous avons joui jusqu'à aujourd'hui ? Quelle type de consommation souhaitons-nous promouvoir, quel type de croissance ?
Ce sont les questions de fond.

Écrit par : Pierre Jenni | 23/01/2014

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