04/09/2013

Carnet de campagne 2: 100'000 frontaliers et une aveugle

Mardi 4 septembre. L'horloge avance et le travail pour le matériel électoral (flyers, pubs, etc.) doit être impérativement terminé pour avant-hier. Des bénévoles, David et Brice, s'occupent d'aller chercher le matériel chez des imprimeurs genevois, qui sont tout à fait compétitifs au niveau qualité-prix et méritent d'être soutenus.

Pas le temps d'aller sur internet... Eric Stauffer et Roger Golay sonnent le tocsin. La Tribune vient de sortir une statistique sur l'explosion du nombre de frontaliers: près de 69'000 et 100'000 en 2020 si Genève continue sur sa lancée. Aïe!

Dans les meilleurs délais, malgré les occupations des uns et des autres, nous envoyons un communiqué de presse pour dénoncer ce désastre annoncé pour les habitants de Genève. Nous nous insurgeons contre les déclarations de la conseillère d'Etat PLR Isabel Rochat, qui prétend qu'il n'y a pas de sous-enchère salariale due aux frontaliers. Si je respecte la personne et j'apprécie sa classe, je suis désolé de la monumentale erreur de casting qui a fait d'elle une conseillère d'Etat. Quand elle défend l'indéfendable, nous ne pouvons la laisser couler Genève.

Une personnalité genevoise, hors politique, me concède: Mme Rochat fait un gigantesque cadeau au MCG en tenant sa conférence de presse sur ce sujet à ce moment. Le MCG n'y est pour rien dans tous les cas. Mais c'est la preuve, une fois de plus, que la vie politique peut se montrer cruelle mais peut-on vraiment aider une personne qui est en train de se noyer et qui s'enfonce encore davantage, en risquant de nous emporter tous avec elle?

Après être allé chercher une clé USB remplie de clichés qu'un photographe me transmet au Cuba Café, je me retrouve près de la Chambre de commerce. Une personnalité de cette institution s'arrête et nous parlons du dernier journal du MCG, "Le Citoyen" qu'elle trouve très fort ou très violent. Je lui rétorque que c'est la réalité et que nous avons été très choqués d'apprendre que l'un de nos élus a été frappé à la barre de fer par des voyous à la place Grenus à 1 heure du matin. Je comprends que ce n'est pas sa tasse de thé, elle reconnaît que nous soulevons des problèmes mais nous devrions être plus doux ou plus diplomates. Mais est-ce que nous serions écoutés si nous agissions ainsi? Je ne le crois pas. Tout en gardant nos opinions divergentes, nous nous quittons amicalement.

Passant en vieille ville chez Glozu, pilier du restaurant de l'Hôtel de Ville, j'entends son traditionnel commentaire qui veut tout dire: "Ouh, là-là!". Pendant ce temps, les nouveaux gendarmes prêtent serment à la République devant le gratin, des familles - souvent enthousiastes - dans une ambiance sympathique sur la Treille.

Je reçois le téléphone d'un chômeur qui veut travailler à un salaire décent à Genève. Impossible, à moins d'être frontalier. Il faudra un jour mettre fin à cette hypocrisie. A part le MCG, qui d'autre est assez déterminé? Je ne vois pas.

Un militant se propose de nous distribuer 20 journaux "Le Citoyen". Les petits ruisseaux font les grandes rivières.

(A suivre)

François Baertschi, secrétaire général du MCG et candidat au Grand Conseil

22:53 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Excellent texte François , je partage ton opinion Mme Rochât à la classe une vraie Dame, peut-être de caractère deux, malheureusement son charme n'est pas à l'hauteur de son siégé, son travail précédent en tant que responsable de la sécurite n'a pas été non plus à niveau, il faut dire que la plus grosse erreur vienne de son propre parti car ils l'ont poussé à Mme de prendre un siégé que ne le correspond pas.

Écrit par : schneider | 05/09/2013

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