29/05/2013

Le Conseil d'Etat et l'art de tromper par les chiffres

Journaliste pendant 25 ans et observateur de la vie politique jusqu'en 2009, j'ai pu identifier comment les divers Gouvernements manipulaient les chiffres et les statistiques. Actuellement, secrétaire général du MCG, je me retrouve directement dans l'action mais il me reste le souvenir de certaines manipulations de l'opinion publique par le Conseil d'Etat, manipulations qui sont toujours d'actualité, hélas.


Si Clausewitz a écrit son célèbre "Art de la guerre", il faudrait sans doute écrire un "Art de tromper avec les chiffres". Et de nombreux conseillers d'Etat, qui ont été nommés à cette auguste fonction (dont certains sont par ailleurs très sympathiques et parfois même - trop rarement - capables), ont été, ces dernières décennies, très forts en la matière. Trop politisée, la Cour des comptes n'est devenue, au final, qu'un alibi.

En matière de statistiques de l'Etat de Genève, il y a trois grands classiques: le budget de l'Etat, les chiffres du chômage et de la criminalité.

La présentation du budget relève d'un grand art. Chaque responsable des finances a eu son style, mais ils ont tous gardé des principes immuables. Une bonne présentation de budget doit paraître claire, et donner l'apparence d'une bonne synthèse. L'essentiel consiste à cacher les vrais problèmes, en ne laissant pas le temps aux journalistes de faire leur travail d'enquête puisqu'ils doivent rendre rapidement leur analyse et, le lendemain, une étude trop fouillée est inimaginable. L'information est déjà périmée parce que, dans les médias, on est toujours à la recherche d'un prétendu scoop ou d'une exclusivité, tels les moutons de Panurge se précipitant dans le gouffre. Certains conseillers d'Etat arrivent même à présenter de pseudo-exclusivités, en général pour diriger les journalistes vers une fausse piste. C'est ainsi que le problème des caisses de pension, notamment, ou de la Banque cantonale, a été très largement occulté. Quant aux lecteurs, ils reçoivent ces commentaires tout faits qui arrangent la réalité dans le sens voulu par le Gouvernement.

S'agit-il d'informations? Non. c'est à coup sûr de la désinformation.

Ainsi en va-t-il des statistiques du chômage, que le Conseil d'Etat fait établir de manière très restrictive, en écartant les personnes en stage, à l'aide sociale et en grande précarité. Cela représente une masse considérable d'individus précipités dans l'obscurité. C'est, hélas, un classique qui marche toujours et permet l'engagement massif des frontaliers. Quand un professeur d'université ne va pas jusqu'à galvauder son indépendance en rédigeant des études complaisantes commandées par le Conseil d'Etat.

Enfin, le troisième axe concerne les statistiques de la criminalité, un autre classique dont Genève n'a pas l'exclusivité. Le Conseil d'Etat a engagé dans les années 1990 un statisticien, au lieu de se contenter des statistiques à l'ancienne très fiables qui ne prenaient pas en compte certaines "foutaises" comme le sentiment d'insécurité. Cela a permis d'arranger les chiffres ou de les présenter de façon particulière. En manipulant habilement les catégories de délits, on peut transformer la réalité à son avantage.

Dans l'esprit du public, il y a la religion du chiffre qui s'est imposée à l'heure où les églises se vident. Et quelques conseillers d'Etat malins en ont profité et en profitent.

Ce n'est pas sérieux.

Arrêtons ces gamineries!

Faisons de la politique! Et quoi qu'on en dise, en politique il y a deux axes fondamentaux: les faits et les opinions.

Intéressons-nous aux faits, sans les nier et sans chercher à les transformer à son avantage. Et exprimons des opinions, dans le respect d'autrui, ce qui est toute la noblesse de la politique!

Au MCG, je constate que nous sommes nombreux à partager cette vision de la politique, et même de plus en plus nombreux avec l'arrivée de nouveaux militants et membres, qui soit sont hors des partis soit sont lassés des partis traditionnels et de leurs vieilles combines.

C'est un nouveau souffle pour Genève.

Commentaires

Rappaz a la culture
Menoud a l'éducation
Sauty a l'expression corporelle trans frontalière.
Stauffer pour le salaire minimum.
Cerrutti pour la sécurité assiste de goals pour sa vive intelligence
Poggia pour tout son temps libre qui lui permet d'intervenir dans les blogs
Medeiros parce qu'il le vaux bien
Vivement que vous soyez élus qu'on se marre dans ses temps un peu gris

Écrit par : Éric Marcollin | 30/05/2013

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