22/07/2011

Scandale de la BCG: une fin écoeurante

Comme on s'y attendait, seuls les lampistes sont condamnés. Les responsables politiques sont épargnés. Après plus de dix ans d'attente, c'est la fin d'une sinistre affaire.


Après plus de dix ans d'attente, le verdict vient enfin de tomber dans le scandale de la BCG.

Le scandale est multiple et le MCG n'a pas cessé de le dénoncer. C'est un attrape-nigauds à plusieurs milliards qui a été monté à partir des années 1980. A cette époque - les faits sont hélas couverts par la prescription - des sommes gigantesques ont été attribuées dans des affaires douteuses.

A cette époque la gauche et la droite étaient liguées dans la gestion de la banque. Socialistes, dont la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey, radicaux, libéraux, PDC se sont retrouvés pris dans cette affaires qui a coûté des milliards au contribuable. Même David Hiler, aujourd'hui conseiller d'Etat écologiste, publiait alors un livre à la gloire de la Caisse d'Epargne au pire moment.

Au lieu de recapitaliser la banque et de régler le scandale au mieux, Micheline Calmy-Rey, appuyée par tous les partis d'alors, a créé la désastreuse Fondation de valorisation qui a bradé les objets immobiliers. Ainsi, on a perdu des milliards, comme dans le scandale du Crédit Lyonnais.

Maintenant, qui trouve-t-on? Deux lampistes, qui ont hérité d'une situation catastrophique. Les responsables politiques sont tous blanchis, par le temps, la prescription et l'hypocrisie.

Il y a de quoi vômir! C'est un petit scandale à la Genevoise. Mauro Poggia, vice-président du MCG, dans le communiqué de presse qu'il publie à chaud, fait allusion à ces procédés bien Genevois où on trouve toujours le lampiste. Ecoeurant!

François Baertschi, Secrétaire général du MCG

 

Procès de la Banque cantonale

Les lampistes sont condamnés, les « politiques » sont épargnés

Nous venons d’apprendre que « l'ex-directeur général de l'établissement Marc Fues et son adjoint adjoint René Curti sont condamnés pour faux dans les titres. Le président Dominique Ducret et les deux réviseurs sont acquittés » .

(http://www.tdg.ch/actu/economie/proces-bcge-rene-curti-ma...)

Pas de surprise. La montagne a accouché d’une souris. Ainsi, le bon peuple a l’illusion que la volonté de prousuivre les responsables de la débâcle de la BCG a trouvé la sa concrétisation. En réalité, seuls des lampistes sont condamnés.

 

Comme pour le FC Servette, on ferme les yeux sur les responsables politiques qui, au temps de la gloire de la BCG et du FC Servette, se pavanaient à la tête de ces « fleurons » de Genève.

 

Que dire de ces dirigeants de tous bords, à droite mais aussi à gauche, qui étaient rémunérés pour donner l’illusion d’un contrôle populaire de ces institutions bancaires. Ils affirment aujourd’hui avoir été trompés alors qu’ils n’avaient pas manifesté l’élémentaire curiosité qu’on attendait d’eux.

 

Reste que la BCG a été sauvée par les contribuables qui devront être remboursés. Les électeurs réclament des comptes aux partis qui sont à l’origine de ce désastre.

Mauro POGGIA

Vice-Président du MCG, candidat au Conseil national et au Conseil des Etats

Commentaires

Les clients BCG & contribuables ayant perdu.. savent à quoi s'en tenir.

Leurs employés aussi, employés frontaliers inclus y ayant participé.
Ce qui vaut également pour ces frontaliers employés de banques privées de la place, ayant contribué à tant de fraudes, à commencer par leur emploi, passant par leurs propres fraudes au chomage dans leur pays d'origine comme la France, fraudes au chomage et fiscales incl.

Sauf que face à la position de la Suisse et du franc suisse fort dans une Europe aux abois, personne ne se rebiffe

comme personne à Gve ne se rebiffait avant 2002 dans un contexte d'application de bilatérales

où des banques privées internationales sizes à Gve comme celles ayant de fortes participations chinoises,
- employaient des informaticiens frontaliers sur des postes fictifs, des informaticiens préparant des listes de comptes de sociétés offshore & Cie...
- employaient sur des mois prolongés sur des années, au noir et jamais déclarés, des informaticiens chinois recrutés par des agences temporaires de Shangai
(cf. ces listes codées de clients de cette banque privée internationale, vendues ou tombées dans les mains de ministres des finances en France ou d'ailleurs... réclamant le paiement de taxes, les amendes, les condamnations de ces comptes fraudant les fiscs nationaux)

Si dans cette affaire les lampistes sont condamnés, je ne les plains pas: ils ont largement profité de leur période de vache grasse.

Car dans l'ensemble de ce type d'affaires au sein des banques sur Gve,

non seulement les lampistes ont ravalé leur salive - pour garder leur job, sur tant d'années, à un tel prix (ex. suicide de collègue) que seuls leurs progénitures pourraient en parler,
mais les responsables ont pu se défiler en toute impunité, après en avoir profité un max

Ce jugement ne clôt pas le fond de l'affaire.
et laisse un goût amer.

Écrit par : grandmère | 22/07/2011

En bref et en attendant mieux:

Que les lampistes payent, car ils ont vécu sur le gras du gras, en toute connaissance de cause!

Le mieux serait de dépatouiller les responsabilités, condamner les têtes et bloquer de tels mécanismes.

Mais on serait dans un contexte où la politique de la CH serait derrière la justice, à soutenir l'"éthique" d'un état suisse au sein de l'Europe. Taxant les mouvements financiers à court terme. Contrôlant les mécanismes informatiques de banques privées internationales à participations chinoises sizes à Gve.

On y perd son job, mais on peut rêver!

Écrit par : grandmère | 22/07/2011

mon propos ci-dessus est ambigu:
je répète donc: que les mouvements financiers à court terme soient taxés,
dans le pays d'origine ou dans le pays de transaction,

le "corps" du sujet étant de taxer l'enrichissement obtenu par le simple placement de Mio (de devises ou autres) incontrôlées, à brève échéance (max 3 jrs)

taxation inexistante, qui a profité un max.
Qui profite à qui ?

pour l'instant.
Tja!

Écrit par : grandmère | 22/07/2011

Mr Baertschi, je lis avec beaucoup d’intérêts votre position, suite à la décision de la justice sur l'affaire de la BCG.
Me Poggia dans son papier parle de la BCG, du Servette etc. mais il y a toujours d'autres dossiers qui ne sortent pas des tiroirs.
Tant que la politique dirigera la justice et placera ses membres, on ne peut pas espérer avoir "une vraie justice" dans cette République.

Écrit par : Mag | 22/07/2011

NB.: les intervenants "grandmère" et "Mère-Grand" sont des personnes différentes. Cette remarque ne constitue ni ne cache une critique.

Écrit par : Mère-Grand | 22/07/2011

Lorsque l’on montre la lune du doigt, le fou regarde le doigt, dit le proverbe chinois. Sous une autre forme c’est ici un peu la même chose, tous les regards ont été braqués sur le procès pénal alors que ce n’est pas, et de loin, le cœur du problème. Dans l’affaire de la BCGE le procès pénal ne pouvait accoucher que d’une souris, ce procès n’est qu’un acte de théâtre extrêmement dispendieux dont la fin symbolique est de faire croire au peuple que justice a été rendue. Car enfin, la justice pénale ne juge que les intentions et chacun pouvait se douter qu’il serait pratiquement impossible de prouver que les divers protagonistes avaient eu de vraies intentions de nuire ou de s’enrichir. Tout le système de défense s’est d’ailleurs fondé sur cette impossibilité de démontrer une intention nuisible ou un enrichissement, le motto étant que les inculpés n’avaient falsifié les comptes que dans l’intention de sauver la banque et de limiter les dégâts, même si cette stratégie s’est révélée erronée. Défendre les inculpés était donc extrêmement facile… C’est le b.a.ba de la défense de toute criminalité en col blanc, « mon client n’a pas fait exprès, il pensait bien faire », « sa faillite n’est pas frauduleuse il a certes aggravé la situation de l’entreprise, mais il pensait bien faire » et c’est pour cela que certains actes moralement répréhensibles des cols blancs ont encore de beaux jours devant eux… Pour qui est un minimum rusé cela laisse de jolies possibilités…

Le fond du problème, ce n’est pas de savoir si les comptes ont été faussés, tout cela c’est peanuts, des cacahouètes pour le peuple pour lui faire croire que la justice s’est occupée du problème. La question centrale de ce qui est arrivé à la BCGE est de savoir comment il se fait que cette banque a prêté 100 à des investisseurs alors qu’intrinsèquement la valeur des immeubles achetés n’en valait que 80 ( image théorique ), comment il se fait que la banque ait prêté – mais pas à tout le monde et bien évidemment à une clientèle choisie – des sommes de 5 milliards plus élevées que ce que valait finalement les immeubles achetés et vendus. On l’aura compris, ce dont il est question c’est de la « surévaluation » en partie factice des biens immobiliers en période de forte spéculation.

La question fondamentale est de savoir – ou aurait été de savoir – jusqu’à quel degré de surévaluation et de spéculation une banque d’Etat garantie par les deniers publics et l’argent de chacun pouvait participer à ce qui n’est en réalité qu’une sorte de grand « jeu de l’avion » où celui qui achète en bout de la chaîne, lorsque le jeu s’arrête, n’a plus que les yeux pour pleurer ou à tout le moins en matière immobilière de gros soucis à se faire…

Il est étonnant de constater que le jeu de l’avion est interdit lorsqu’il est organisé de façon grossière et mineure par le peuple, mais que suivant la forme qu’on lui donne et qui l’organise il reste parfaitement moral… et licite.

Car il faut le dire clairement, il y a là une vraie question qui nous concerne tous. Car si la théorie économique permet la spéculation, c’est-à-dire fondamentalement la possibilité que l’on inclue dans le prix de vente actuel d’un bien le ou les bénéfices ultérieurs que l’on pense que ce bien dégagera ( ex. de façon schématique : le bien valant réellement 100 aujourd’hui, on le vend aujourd’hui 110 car on inclut la certitude du bénéfice de 10 dans le futur ) un tel raisonnement doit forcément avoir des limites sous peine de totalement déstabiliser et détruire les marchés.

La banque cantonale a prêté à tour de bras pour que certains privilégiés puissent se livrer à ce jeu. Et la question centrale est alors de savoir comment il se fait que cette banque prêtait à des gens pour acheter à quatre heure de l’après-midi un immeuble dix pour cent plus cher que ce qu’il valait à midi, ( de tels cas étaient connus de tous les spécialistes ) ?

Cette banque garantie par le peuple n’aurait-elle alors pas dû faire preuve d’une certaine retenue et d’un devoir de prudence spécial et accentué puisqu’en cas de perte ce serait à la collectivité publique de rembourser.

Tout le cœur du problème et de la définition de la « faute » est donc ici, car faute il y a eu, sinon il n’y aurait pas à un moment manqué 5 milliards dans les comptes de la banque (différence entre l’argent prêté pour acheter des immeubles et la valeur que ceux-ci valaient vraiment ).

Et c’est ici que le véritable procès devrait ( doit-encore ) avoir lieu. Un procès moral, éthique et politique. Qu’on l’appelle comme l’on voudra et qui pourrait se résumer par la question suivante :

Comment se fait-il, que le président de la banque, que les partis politiques au gouvernement ( PDC, PLR, PS, VERTS ) qui ont tous touchés des jetons de présence pour exercer une fonction de « haute surveillance » sur la banque n’aient pas mis de freins aux prêts spéculatifs, connus de tous, que la banque cantonale octroyait et a octroyé durant ces années-là ?

Tant qu’une réponse claire ne sera pas donnée au peuple sur cette question précise alors on ne pourra considérer que la question des responsabilités a été tirée. On ne pourra considérer que justice a été dite et rendue.

Et la réponse de faux comptes sur les provisions n’est ici pas recevable, elle ne répond pas à la question de la participation de la banque d’Etat aux activités spéculatives de ces années-là.

Car une chose n’a pas été dite. Avec cette affaire les genevois ont payé deux fois, ils ont été pris en otage deux fois. Une première fois pour le remboursement de la perte de la banque, mais une autre fois puisque ces pratiques spéculatives – rendues possibles par la complicité de la BCGE- ont par définition fait augmenter fortement la valeur des immeubles alors vendus et achetés, immeubles où habitent les genevois et dont nombre de loyers ont alors dû être augmentés.


N.B. Devant un tel scandale moral, il est à espérer que le procureur général continuera à faire son travail en continuant toutes les possibilités de poursuite autant sur le plan pénal que sur le plan civil. Il est de même à espérer, devant l’importance de cette affaire, qu’il rendra rapidement public le jugement et toutes les pièces consultables du jugement rendu. Le peuple ne comprendrait pas une autre attitude qui ne serait alors qu’un mépris de son droit à connaître toute la vérité des faits.

Si l’affaire devait en rester là, alors nul doute que certains parmi le peuple n’hésiteront pas à revenir en avant et à interroger de plus en plus cette Genève politique qui a de plus en plus les contours d’une « dictature immobilière. »

Écrit par : 022 | 23/07/2011

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