04/06/2011

Hypocrisie écolo et souveraineté énergétique (1)

En Suisse, le mouvement écolo sombre dans l'hypocrisie. Il dénonce l'énergie atomique tout en la consommant... La seule question à poser, mais que les écologistes mondialistes bien pensant n'osent pas poser, c'est la frontière et la souveraineté énergétique.


Le Conseil administratif de la Ville de Genève, une fois de plus, placarde une affiche qui indique une ineptie du genre: "Votre ville arrête d'investir dans le nucléaire". Mais c'est bien sûr. La Ville de Genève oublie de dire qu'elle n'a jamais directement investi dans l'énergie atomique, comme l'indique faussement ce texte. Il est vrai qu'indirectement, au travers des Services Industriels, la Ville de Genève a été impliquée par des participations assez complexes dans des sociétés actives dans ce même nucléaire, ce qui continue d'ailleurs encore aujourd'hui par des circuits de plus en plus tordus.

Les écologistes, aussi bien à Genève qu'à Lausanne où ils s'occupent de l'électricité et servent de caution au lobby atomique, sont d'ailleurs mêlés au nucléaire quoi qu'ils en disent. Vive l'hypocrisie!

Voyons la réalité en face.

En étant branchés sur le réseau électrique français, les consommateurs genevois sont condamnés à recevoir du courant d'origine nucléaire. Même les personnes qui ont souscrit à un abonnement "vert" ou "sans nucléaire" recevront de l'énergie d'origine atomique. La formule en question se contente  d'un calcul théorique. En réalité, c'est un coup politico-marketing des SIG.

Pour obtenir le résultat promis, il faudrait un réseau nucléaire et un autre hydraulique ou solaire, pour bien  séparer les deux types de provenance. En effet, une fois produite, l'électricité, qu'elle soit nucléaire, solaire ou hydraulique, part dans le réseau et peu importe son origine.

Prend-on les Genevois pour des imbéciles? Oui, sans doute.

C'est l'hypocrisie d'une certaine forme d'écologie, que l'on retrouve dans la polémique autour du nucléaire.

Interdisons l'énergie nucléaire à Genève, disent certains. Depuis plus de trente ans, le projet de centrale atomique de Verbois a été abandonné et ne sert plus que d'épouvantail à certains soixante-huitards fatigués, il leur reste au moins ça.

En fait, ne demeurent que deux questions: la fourniture d'électricité dans les centrales nucléaires françaises frontalières et suisses; les participations - ou liens privilégiés - des Services Industriels dans des entreprises produisant de l'énergie nucléaire (rappelons que les SIG sont rattachés à l'Etat et à la Ville de Genève).

Dans ces deux cas, c'est la question de la souveraineté énergétique qui est posée. Pour vraiment maîtriser la question énergétique et nucléaire, il fautlaisser à la République la possibilité d'avoir le dernier mot, de faire des choix politiques, par exemple contre le nucléaire ou pour certaines formes d'énergie.

Le MCG refuse de baisser les bras face à la mondialisation et revendique fortement sa SOUVERAINETE au service des citoyens. Ces dernières années, tous les partis - écologistes et anti-nucléaires compris - ont défendu une politique d'abandon et de prétendue ouverture, mais en fait de lâcheté.

Genève doit retrouver sa souveraineté énergétique. C'est la voie à suivre.

Dans son combat au sein du Conseil d'administration des SIG, Eric STAUFFER, Président du MCG, a réclamé cette SOUVERAINETE énergétique et une transparence des Services Industriels. Il s'est en particulier opposé à l'abandon par les SIG de participations dans des barrages, participations reprises par EOS notamment. Rappelons que cela lui a valu d'être exclu du conseil d'administration, ce qui prouve que le combat pour la souveraineté énergétique n'est pas accepté par le Conseil d'Etat qui préfère plier l'échine devant la mondialisation et les princes français du tout-nucléaire.

(à suivre)

Commentaires

qui sont les vrais écolos dans ce pays ceux ayant travaillé toute leur vie ces gens savaient comment économiser les énergies,alors tous ces écolos c'est du blabla ,qu'ils balayent devant leur porte avant de vouloir chercher à culpabiliser ceux qui leur ont par leur travail octroyé des études qui pour beaucoup ne sont qu'une excuse pour faire durer le temps du divorce d'une pierre deux coups,la vogue monoparentale a enfanté des écolos qui adorent contrarier ni plus ni moins et s'amuser au dépend des contribuables

Écrit par : lovsmeralda | 04/06/2011

"Rappelons que cela lui a valu d'être exclu du conseil d'administration"
Vous allez reecrire l histoire tous les 4 matins ?

Meme quand il n y a rien a dire, il faut que les aboyeurs du MCG deversent leur fiel, vous etes pathetiques !

Écrit par : GCM | 05/06/2011

Le tout est de savoir quelle souveraineté doit primer.
Tant que nous estimons que la souveraineté énergétique est la plus importante, nous mettrons au second rang la souveraineté de la nature dont nous dépendons encore plus.
Nous venons d'avoir, avec Fukushima, l'exemple de la souveraineté énergétique qui doit se plier devant et même sous la souveraineté de la nature.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 05/06/2011

@GCM: Il y a certaines vérités qui dérangent. En particulier, il est plus difficile de mettre en cause les dysfonctionnements de l'Etat de Genève et des SIG que de s'attaquer à celui qui dénonce ces dysfonctionnements.
@Marie-France de Meuron: vos réflexions sont intéressantes quant à l'idée de souveraineté. Malheureusement, la nature ne peut pas s'exprimer, quant aux ensembles internationaux j'ai peu confiance en leur efficacité pour résoudre ces problèmes. Je pense qu'une logique de proximité est la plus efficace et qu'un Etat à dimension humaine - comme Genève par exemple - permet de mieux régler les problèmes et intervenir de manière internationale. Encore faut-il ne pas avoir abandonné sa souveraineté.

Écrit par : François Baertschi | 05/06/2011

Cher Monsieur,

Dans votre propos, il y a contrevérité qui présume que l'interconnexion du réseau électrique est le seul acteur de ce marché. Si Genève (au sens large) affirme ne pas acheter de courant nucléaire, c'est tout simplement parce qu'un producteur de courant (quel qu'il soit) à obligatoirement un contrat avec un acheteur (qui est notre distributeur en l'occurrence).

En effet, à telle heure, telle jour et telle mois/saison les besoins sont différents. Un acheteur ne peut simplement se servir sur le réseau sans organiser et/ou s'assurer que la production sera présente.

Votre affirmation pourrait être comparée (par exemple) à la production et l'achat d'eau minérales. Il y a des producteurs (Contrex, Evian, Vittel, ...), un réseau (le distributeur / le commerce de détail) et des acheteurs (vous par exemple). Dans ce cadre, il vous est possible de choisir le produit qui vous intéresse, il est aussi possible au distributeur d'offrir ou pas certains produits disponibles sur le marché.

Je ne connais aucune entreprise qui serait d'accord de mettre à disposition (en vente) son produit sans en avoir défini les conditions et modalité de vente ...

En fait, votre propos, même si l'on ne peut physiquement séparer les électrons, est plus du niveau d'une légende urbaine que d'une réalité de marché.

Bien à vous.

Écrit par : Boris Calame | 05/06/2011

@Boris Calame,
Comparer l'électricité avec de l'eau minérale relève de l'absurde. Je ne comprends pas comment quelqu'un d'intelligent comme vous peut comparer de l'eau minérale en bouteille avec des électrons. Le phénomène physique de l'électricité n'a rien à voir et il n'est pas nécessaire d'être docteur en physique pour le comprendre.
Quant à la "légende urbaine" que vous me prêtez, elle est plutôt le fait des commerciaux de l'électricité qui cherchent à se partager un réseau unique en créant d'illusoires produits marketing. En effet, le réseau électrique nepeut être divisé en unités commerciales que par une fiction qui fait gagner beaucoup d'argent à quelques-uns.
Il est certain que l'être humain cherche toujours des solutions simples, mais on peut simplifier des questions complexes tout en disant la vérité.
Et dans le domaine de l'électricité, la vision marketing des SIG est un mensonge permanent qui cache un marché de plus en plus internationalisé, avec des interconnexions de réseaux.

Bien à vous

Écrit par : François Baertschi | 06/06/2011

Cher Monsieur,

Merci pour cet échange. Effectivement, la comparaison est un peu réductrice, mais elle avait de sens réel uniquement pour illustrer ce qu'est un marché ... soit le lien (contrat) entre le vendeur et l'acheteur ...

Il existe d'autres types de réseaux qui pourrait mieux illustrer (peut-être) cette situation, par exemple le réseau ferroviaire, qui est seulement une infrastructure, sur lequel circulent des convois de différentes entreprises. Ces convois correspondent au produit commercialisé entre un vendeur (par exemple les CFF) et un acheteur (vous, moi, ...).

Le réseau n'est donc qu'un support qui permet de faire circuler un produit d'un point à un autre. Ce n'est pas lui qui commande la nature même du produit qui y circule, n'y sont point de départ (vendeur) ou son point d'arrivée (acheteur).

J'espère ainsi avoir été plus illustratif en la matière.

Bien à vous.

Boris Calame

PS: Notre parlement va débattre ces prochains jours de l'usine à gaz (chaleur force) du Lignon. Dans cet exemple, ce qui est intéressant de voir c'est qu'actuellement Genève achète du courant issu d'une centrale à gaz située ... au Luxembourg. Le réchauffement climatique lié aux émissions de CO2 est une réalité démontrée scientifiquement, mais c'est un phénomène global et non local (bien que certains impacts puissent être très localisés). Il est donc certainement judicieux du point de vu environnemental de tous mettre en oeuvre pour réduire globalement et au mieux les émissions de CO2, même si cela doit se faire (de préférence) par des investissements à l'étranger, car le rapport coût/efficacité peut être parfois bien supérieur.

Produire localement à aussi un avantage pour limiter la perte de puissance électrique sur de longs trajets qui peut aller, à ma connaissance, jusqu'à 10%.

Écrit par : Boris Calame | 06/06/2011

Bel article, est très intéressant et instructif, j'ai vraiment apprécié la lecture de votre post. Merci pour le partage.

Écrit par : worldbookies.eu | 17/06/2011

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